Catherine Mailloux, infirmière
- Catherine, en quoi consiste votre travail?
Actuellement, j'interviens auprès de patients de tous les âges : suivi de grossesse, suivi des enfants pour s'assurer d'un développement adéquat, dépistage des troubles neurocognitifs chez les personnes âgées, etc. Auparavant, j'ai travaillé pendant 15 ans à la salle d'accouchement de l'hôpital Charles-Lemoyne comme infirmière d’abord, puis comme assistante au supérieur immédiat, où je devais assister la personne-ressource pour la gestion du département et m'assurer du bon déroulement des soins, avec les infirmières.
- Quelles sont les responsabilités d'une infirmière?
Quel que soit notre niveau d'études, pour exercer comme infirmière au Québec, nous devons être membres d'un ordre professionnel. Il y a différents actes délégués qui sont de notre responsabilité. Nous devons aussi suivre un code d'éthique semblable à tous les professionnels de la santé.
Rappelons qu’il y a quatre types d'infirmières au Québec : les infirmières auxiliaires, diplômées au DEP, les infirmières techniciennes, détentrices du DEC technique, les infirmières cliniciennes qui ont poursuivi au baccalauréat et, enfin, les infirmières praticiennes spécialisées qui ont poursuivi deux autres années universitaires [NDLR, celles que l'on appelle aussi les super infirmières].

- Pourquoi avez-vous choisi ce métier?
Alors que j'étais élève en secondaire 4, j'ai rencontré un conseiller d'orientation qui m'a fait faire différents tests; il en est ressorti que j'avais une bonne dose d'empathie pour envisager un travail auprès de l'humain.
Je désirais accompagner les gens dans la santé et le bien-être. J'avais de bonnes notes et une facilité pour les études. Enfin, l'image des infirmiers est valorisée dans notre société. J'éprouvais le sentiment que c'était un métier où je pouvais m'accomplir.
- Quels sont les prérequis pour suivre le DEC en soins infirmiers?
Il faut avoir obtenu son diplôme d'études secondaires et avoir réussi les cours de science et technologie de l'environnement ou science et environnement de la 4e secondaire et chimie de la 5e secondaire.

- Quels sont les défis que rencontre l'étudiant au cours de ces trois années d'études?
Cela fait quelques années(!), mais je me rappelle que l'horaire de cours était très chargé : 40 heures par semaine qui demandent beaucoup d'investissement comme étudiante.
Il y a aussi les stages dès la première année où nous apprenons à travailler en collaboration avec les autres et où les défis sont nombreux. Il faut être capable de s'adapter à ces nouveaux milieux et apprendre à entrer dans la « bulle de proximité » des patients. Ces stages sont l'occasion de vérifier si le métier nous convient, si le métier est réellement fait pour nous. Comme infirmière, nous avons la possibilité de travailler dans une multitude de postes; les stages nous permettent de cibler les milieux où l'on est bien.
- Après le DEC, il est possible de profiter d'un tremplin pour continuer les études à l'université, n'est-ce pas?
Oui, c'est ce que j'ai fait tout de suite après mon DEC.
- Est-ce que le métier est exigeant? Physiquement et moralement?
Cela dépend du milieu de soins. En hôpital ou en CHSLD, par exemple, l'infirmière doit mobiliser des patients, passer de nombreuses heures debout, etc. Il y a aussi les quarts de nuit et de soir qui sont exigeants.
Dans mon emploi actuel, où je reçois les patients dans mon bureau avec un horaire du lundi au vendredi, c'est moins difficile.
Moralement, je dirais que c'est exigeant surtout en début de pratique. Comme infirmière, nous côtoyons la maladie, la mort, la toxicomanie, la violence et j'en passe… Nous sommes humaines. Il faut apprendre à bien accompagner nos patients en se fixant des limites. En se rappelant que l'histoire des gens n'est pas la nôtre.

- Quelles aptitudes devrait-on posséder pour choisir cette carrière?
C'est un métier qui convient aux personnes débrouillardes et généreuses, capables d'empathie et dotées d'un bon jugement.
- Que préférez-vous dans votre travail? Qu'est-ce qui est pénible?
Je suis bien dans mon quotidien d'infirmière; j'aime l'idée d'accorder de l'importance à un humain à la fois et la gratification d'aider, à mon échelle, toujours un humain à la fois.
Pour ce qui est des aspects négatifs de la profession, outre les compromis à faire en début de carrière avec les horaires de travail défavorables, je dois mentionner les conditions de travail que vivent mes collègues dans le réseau de la santé, notamment en ce qui concerne la structure des horaires et la perte d'humanité dans un système qui grossit sans cesse. Mais cela demeure un beau métier!
- Et finalement, à quelle échelle salariale une infirmière peut-elle s'attendre?
Au maximum des échelons, pour une infirmière clinicienne, le salaire atteint 52,53 $ l'heure. À cela peuvent s'ajouter des primes. [NDLR Le salaire d'entrée au 1er avril 2025 pour une infirmière technicienne est de 28,13 $/h. Après 18 ans (au top) : 45,10 $/h. Le salaire médian est de 39 $/h (Statistique Canada).]